Dans un article intéressant paru dans Le Devoir du vendredi 27 mars, le journaliste Louis-Gilles Francoeur explique comment le gouvernement du Québec, dans son dernier budget, consent des subventions et des crédits d'impôts démesurés et injustifiés aux personnes qui feront l'acquisition de voitures tout électrique — dont l'impact réel est sujet à questions —, alors que celles qui opteront pour des voitures hybrides rechargeables, aussi efficaces d'un point de vue énergétique, mais plus économiques et plus rentables pour la société, ne recevront qu'une fraction de cette somme.
Il souligne également le fait que les motos et les scooters, qui offrent, pour certains, des rendements énergétiques supérieurs à ces véhicules dits verts, sont complètement ignorés par cette mesure. Contrairement à ce qui se pratique dans d'autres pays, et plus particulièrement aux États-Unis où les acheteurs de deux-roues motorisés rencontrant les normes fédérales recevront la même subvention de 2 500$ que ceux qui choisiront des autos électriques ou hybrides.
Dire que le gouvernement du Québec fait preuve de manque de discernement dans ce dossier est une vérité de La Palice. Mais le plus grave, à mes yeux, c'est l'acharnement dont il fait preuve envers les motocyclistes. Pour une fois qu'il avait l'occasion de faire de la discrimination positive à notre égard, pour le bien de la communauté, il s'en prive. C'est d'autant plus dommageable que cette mesure aurait eu pour effet indirect — mais tout aussi bénéfique — de favoriser la mobilité urbaine en réduisant la circulation automobile dans les grandes villes. En plus d'améliorer notre image auprès du grand public. On est donc perdant sur tous les tableaux.
Pour couronner le tout, je viens de recevoir mon renouvellement d'immatriculation. Et je digère mal de devoir payer 329,00$ pour «plaquer» mon scooter (150 cc) et 518,00$ pour ma moto, laquelle ne figure pas dans la liste des motos à risque émise par la SAAQ. En résumé, je verse 847,00$ pour assurer un risque qui lui n'est pas le double de celui qu'encourt une personne qui ne possède qu'une seule moto. Jusqu'à preuve du contraire, il m'est physiquement impossible de piloter mon scooter et ma moto en même temps. Et pourtant, je paye deux fois. Allez comprendre quelque chose. Si, en plus, je possédais une auto, je débourserais alors trois fois pour assurer le même risque. En plus de défrayer les coûts de deux permis de conduire (classes 5 et 6). Je vous le dis, «on se fait fourrer d'aplomb!». Bientôt, il faudra dire «Merci!», en plus.
Ceux qui pensaient, il y a trois ans, quand la hausse des tarifs a été annoncée, que seuls les propriétaires de sportives passeraient à la caisse se sont mis le doigt dans l'œil. Car leur propre contribution est passée de 320$ à 518$ dans le même temps. Et a donc augmenté de près du double. Elle dépassera même 600$ l'an prochain. Malgré une saison amputée de 4 mois. Ils peuvent toujours se consoler en pensant que les proprios de sportives doivent débourser 1 030$ pour assouvir leur passion. Mince consolation, vous l'avouerez! Mais le fait demeure qu'en ciblant les «bombes roulantes» la SAAQ est parvenue à faire avaler une hausse injustifiée à la masse des motocyclistes, sans que nous réagissions le moins du monde. Ou si peu que ça ne vaut même pas la peine d'être relevé. Je le répète pour ceux qui auraient mal compris : «on se fait fourrer d'aplomb!»
Mais on doit aimer ça puisqu'on vote et revote pour ceux-là mêmes qui nous fourrent. Allez comprendre quelque chose...
Bienvenue à tous sur mon blogue personnel, lieu de mes vagabondages éditoriaux et de mes errances à moto. Didier Constant - Journaliste/photographe
lundi 30 mars 2009
mercredi 25 février 2009
Julie, tu charries un pneu!
Depuis quelques jours, la température s'adoucit, la neige fond, à tout le moins sur les grandes routes urbaines et périurbaines. L'asphalte s'assèche et fait monter en nous l'irrésistible envie de rouler. Pourtant, je ne saurais trop vous conseiller de patienter jusqu'au 16 mars avant de succomber à vos bas instincts. Même si les routes devenaient soudainement tout à fait praticables.
Je dis «bas instincts» à dessein, car, selon les termes de la nouvelle loi sur l'obligation d'installer des pneus d'hiver sur les véhicules de promenade entre le 15 décembre et le 15 mars, les motos sont chassées des routes durant cette période. Rendues illégales. Pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas de pneus d'hiver pour les motos, pour l'instant. Je sais que beaucoup d'entre vous tombent des nues en lisant ceci. C'est complètement ubuesque. Mais ça se passe ici, chez nous. Et nulle part ailleurs. Les libéraux peuvent se vanter d'avoir réalisé la société distincte — à ce chapitre en tout cas —, chère aux péquistes.
Et, une fois de plus, nous devons cette loi loufoque à Julie Boulet, «La pharmacienne de St-Tite», députée de Laviolette et, malheureusement pour nous, ministre des Transports. Il faudrait réfléchir un peu plus sérieusement quand vient le temps de voter... Surtout quand on commet deux fois d'affilée la même erreur. Mais ça, c'est une autre histoire. Une que je vous raconterai un autre jour...
Même si on limitait l'application de cette loi aux autos et aux camions, elle ne tiendrait pas vraiment la route. À moins d'affirmer une volonté délibérée d'enrichir les manufacturiers de pneus et les propriétaires de garage, on ne voit pas vraiment la nécessité d'un tel règlement. D'autant qu'une vaste majorité d'automobilistes québécois, en ville comme en campagne, utilisaient déjà des pneus d'hiver. Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, les routes du Québec sont pavées de mauvaises dispositions.
Qui plus est, les statistiques officielles de la SAAQ ne démontrent aucune hécatombe motocycliste durant cette période de l'année. Et ce, depuis des lustres. Si Mme Boulet cherche à nous protéger de nous-mêmes à tout prix — comme si on était assez stupides pour rouler sur des routes glacées —, pourquoi a-t-elle pris la peine de prévoir une exemption dans le règlement pour les motos de police? La vie des policiers à moto vaut-elle moins que celle du citoyen lambda (S.V.P., ne répondez pas à cette question purement rhétorique) pour que la ministre les autorise à prendre des risques indus — c'est-à-dire se servir de leur jugement, ce qu'elle nous refuse — au péril de leur vie? Si c'est le cas, elle fait preuve d'un cynisme sans bornes.
Au cours des dernières semaines, plusieurs motocyclistes téméraires — ou devrait-on dire des délinquants notoires? — ont goûté à la médecine de «La pharmacienne de St-Tite» et ont reçu des contraventions allant de 100$ à 200$ selon les rumeurs pour avoir osé rouler — ô crime odieux — sur nos routes durant la période bannie.
Si vous êtes dans ce cas-là, je vous conseille de contacter le Comité d'action politique motocycliste (CAPM) au 514-253-2276 ou encore S.O.S. Ticket (service payant) et de leur fait part de votre mésaventure. Car il semblerait, selon Me Éric Lamontagne, avocat en chef de S.O.S. Ticket, qu'il soit possible de contester avec succès ces billets d'infraction. En effet, bien que le ministère des Transports affirme que les motos sont assujetties aux mêmes règles que les voitures, dans l'article 440.1. le Code de la sécurité routière (CSR) définit les véhicules de promenade comme des véhicules automobiles et ne fait nullement mention des motos... On pourrait donc plaider que celles-ci ne sont pas incluses dans les véhicules de promenade au sens strict du Code de la sécurité routière.
Comment en est-on arrivé à de telles inepties? N'y a-t-il personne au gouvernement qui soit suffisamment intelligent ou influent pour mettre un frein à la mégalomanie de Julie? À sa boulimie réglementaire? À sa crise de «sécurite» aigue? J'ai hâte de voir la réaction des juges qui vont devoir statuer en cas de contestation. Ça risque de valoir le déplacement.
Tout ça me rappelle une citation fort à propos d'Arthur Adamov, un des initiateurs du Théâtre de l'absurde : «L'homme ne saurait connaître la loi, mesurer ses limites, qu'en passant outre.» Voilà qui mérite réflexion. Et nous fournit une voie à explorer si on veut contester ce règlement stupide. Entre le 15 décembre 2009 et le 15 mars 2010?
Je dis «bas instincts» à dessein, car, selon les termes de la nouvelle loi sur l'obligation d'installer des pneus d'hiver sur les véhicules de promenade entre le 15 décembre et le 15 mars, les motos sont chassées des routes durant cette période. Rendues illégales. Pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas de pneus d'hiver pour les motos, pour l'instant. Je sais que beaucoup d'entre vous tombent des nues en lisant ceci. C'est complètement ubuesque. Mais ça se passe ici, chez nous. Et nulle part ailleurs. Les libéraux peuvent se vanter d'avoir réalisé la société distincte — à ce chapitre en tout cas —, chère aux péquistes.
Et, une fois de plus, nous devons cette loi loufoque à Julie Boulet, «La pharmacienne de St-Tite», députée de Laviolette et, malheureusement pour nous, ministre des Transports. Il faudrait réfléchir un peu plus sérieusement quand vient le temps de voter... Surtout quand on commet deux fois d'affilée la même erreur. Mais ça, c'est une autre histoire. Une que je vous raconterai un autre jour...
Même si on limitait l'application de cette loi aux autos et aux camions, elle ne tiendrait pas vraiment la route. À moins d'affirmer une volonté délibérée d'enrichir les manufacturiers de pneus et les propriétaires de garage, on ne voit pas vraiment la nécessité d'un tel règlement. D'autant qu'une vaste majorité d'automobilistes québécois, en ville comme en campagne, utilisaient déjà des pneus d'hiver. Si l'enfer est pavé de bonnes intentions, les routes du Québec sont pavées de mauvaises dispositions.
Qui plus est, les statistiques officielles de la SAAQ ne démontrent aucune hécatombe motocycliste durant cette période de l'année. Et ce, depuis des lustres. Si Mme Boulet cherche à nous protéger de nous-mêmes à tout prix — comme si on était assez stupides pour rouler sur des routes glacées —, pourquoi a-t-elle pris la peine de prévoir une exemption dans le règlement pour les motos de police? La vie des policiers à moto vaut-elle moins que celle du citoyen lambda (S.V.P., ne répondez pas à cette question purement rhétorique) pour que la ministre les autorise à prendre des risques indus — c'est-à-dire se servir de leur jugement, ce qu'elle nous refuse — au péril de leur vie? Si c'est le cas, elle fait preuve d'un cynisme sans bornes.
Au cours des dernières semaines, plusieurs motocyclistes téméraires — ou devrait-on dire des délinquants notoires? — ont goûté à la médecine de «La pharmacienne de St-Tite» et ont reçu des contraventions allant de 100$ à 200$ selon les rumeurs pour avoir osé rouler — ô crime odieux — sur nos routes durant la période bannie.
Si vous êtes dans ce cas-là, je vous conseille de contacter le Comité d'action politique motocycliste (CAPM) au 514-253-2276 ou encore S.O.S. Ticket (service payant) et de leur fait part de votre mésaventure. Car il semblerait, selon Me Éric Lamontagne, avocat en chef de S.O.S. Ticket, qu'il soit possible de contester avec succès ces billets d'infraction. En effet, bien que le ministère des Transports affirme que les motos sont assujetties aux mêmes règles que les voitures, dans l'article 440.1. le Code de la sécurité routière (CSR) définit les véhicules de promenade comme des véhicules automobiles et ne fait nullement mention des motos... On pourrait donc plaider que celles-ci ne sont pas incluses dans les véhicules de promenade au sens strict du Code de la sécurité routière.
Comment en est-on arrivé à de telles inepties? N'y a-t-il personne au gouvernement qui soit suffisamment intelligent ou influent pour mettre un frein à la mégalomanie de Julie? À sa boulimie réglementaire? À sa crise de «sécurite» aigue? J'ai hâte de voir la réaction des juges qui vont devoir statuer en cas de contestation. Ça risque de valoir le déplacement.
Tout ça me rappelle une citation fort à propos d'Arthur Adamov, un des initiateurs du Théâtre de l'absurde : «L'homme ne saurait connaître la loi, mesurer ses limites, qu'en passant outre.» Voilà qui mérite réflexion. Et nous fournit une voie à explorer si on veut contester ce règlement stupide. Entre le 15 décembre 2009 et le 15 mars 2010?
vendredi 13 février 2009
Rien ne va plus!
Jusqu'à tout récemment, j'avais confiance dans les institutions et je pensais que nos élus travaillaient au bien-être général de la société. Qu'il s'agissait de gens foncièrement honnêtes et intègres qui, comme les fonctionnaires qu'ils nomment ou engagent, respectaient les lois et le processus démocratique grâce auquel ils ont été portés au pouvoir.
Aujourd'hui, je me questionne. Je voudrais toujours être légaliste et optimiste, mais divers événements, comme les déboires financiers de la Caisse de dépôt et placement du Québec ou les malversations de certains courtiers — les affaires Jérôme Kerviel (Société Générale) et Bernard Madoff (Wall Street) ont révélé des pratiques frauduleuses de très grande envergure et mis en lumière les failles d'un système que l'on croyait à toute épreuve —, me plongent dans un cynisme qui ne m'est pas coutumier. Elles montrent que ces gens qui ne rendent de comptes à personne et ne peuvent être tenus responsables de leurs erreurs sont éminemment dangereux. D'autant qu'aucun système de prévention ne semble avoir été mis en place pour les empêcher de nuire au bien public.
Mais c'est le scandale des feux de circulation truqués en Italie qui a achevé d'enfoncer le clou dans le cercueil de mes illusions. Que des élus municipaux, des administrateurs publics, des policiers et des juges puissent sciemment mettre en place un système d'extorsion caractérisé des usagers de la route, au mépris des lois qu'ils promulguent ou qu'ils sont chargés de faire respecter, me révolte au plus haut point. Je veux bien reconnaître que ça ne se passe pas chez nous, mais dans un pays où la corruption et la magouille sont monnaie courante. Pourtant, le fait est révélateur de la perversion d'un système mondial qui soutient l'industrie mondiale à grand renfort de milliards et met des millions de travailleurs en faillite. Qui fait financer l'incompétence des ténors de la grande industrie et de la haute finance internationale — ses plus ardents défenseurs — par les sans-le-sou qui souffrent le plus de cette situation dont ils ne sont malheureusement pas responsables. Quand on en vient à émettre plus de 100 000 contraventions illégales qui auraient fait rentrer plus de 130 millions d'euros (environ 200 millions de dollars) dans les caisses des villes scélérates, on doit être considéré comme un bandit de grand chemin. Et puni comme tel. J'ai hâte de voir si la justice italienne va avoir le courage de punir certains de ses membres. Franchement, j'en doute.
Ici, les mauvais investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec vont priver les contribuables québécois de près de 38 milliards de dollars. «C'est pas des peanuts!» comme on dit couramment. Un bas de laine que les travailleurs de la Belle Province ont constitué à force de sacrifices et de contributions — pas toujours volontaires — pour assurer leur retraite et financer leurs services sociaux. Aujourd'hui, ceux qui approchent de leur retraite ne savent pas s'ils pourront jouir du revenu de leurs épargnes... et c'est encore pire pour les plus jeunes qui devront certainement travailler jusqu'à leur mort (et peut-être même après...). Et je ne parle pas de la santé, de l'éducation et des autres secteurs qui vont être touchés par cette crise sans précédent.
Du côté de la SAAQ — un des «plus petits» gros déposants publics —, c'est un trou de 8 milliards que les usagers — encore eux — vont devoir éponger. Quand on constate les conséquences de la ponction de 2 milliards que le gouvernement a faite dans le fonds de la SAAQ en 1988 et 1995, on peut s'inquiéter pour notre avenir. Certains spécialistes estiment qu'il faudrait augmenter le coût des permis ou des immatriculations des véhicules de cinq millions d'usagers de la route — automobilistes et motocyclistes inclus — de 60$ par année, pendant 10 ans pour revenir à l'encaisse prévue par la loi. Ça, c'est seulement si les «génies financiers» de la Caisse ne font pas d'autres conneries d'ici là. Ou si on n'a pas sous-évalué celles qu'ils ont déjà faites. Ce à quoi un responsable de la SAAQ a répondu : «C'est sûr que cela va faire mal... mais les résultats d'une mauvaise année ne sont pas une catastrophe». Avouez qu'on nous prend vraiment pour des tartes! Et que le mépris de certains administrateurs publics est sans borne.
Malgré cela, le gouvernement — qui est le représentant élu des Québécois, je vous le rappelle — ne peut même pas intervenir et congédier les administrateurs incompétents de la Caisse. On nage en pleine comédie ubuesque. Preuve ultime que rien ne va plus... Faites vos jeux! Et priez pour gagner au Lotto 6/49. C'est peut-être votre seule chance de vous en sortir. Dans le pire des cas, vous contribuerez à enrichir Loto Québec... et renflouer les caisses de l'État, indirectement.
Aujourd'hui, je me questionne. Je voudrais toujours être légaliste et optimiste, mais divers événements, comme les déboires financiers de la Caisse de dépôt et placement du Québec ou les malversations de certains courtiers — les affaires Jérôme Kerviel (Société Générale) et Bernard Madoff (Wall Street) ont révélé des pratiques frauduleuses de très grande envergure et mis en lumière les failles d'un système que l'on croyait à toute épreuve —, me plongent dans un cynisme qui ne m'est pas coutumier. Elles montrent que ces gens qui ne rendent de comptes à personne et ne peuvent être tenus responsables de leurs erreurs sont éminemment dangereux. D'autant qu'aucun système de prévention ne semble avoir été mis en place pour les empêcher de nuire au bien public.
Mais c'est le scandale des feux de circulation truqués en Italie qui a achevé d'enfoncer le clou dans le cercueil de mes illusions. Que des élus municipaux, des administrateurs publics, des policiers et des juges puissent sciemment mettre en place un système d'extorsion caractérisé des usagers de la route, au mépris des lois qu'ils promulguent ou qu'ils sont chargés de faire respecter, me révolte au plus haut point. Je veux bien reconnaître que ça ne se passe pas chez nous, mais dans un pays où la corruption et la magouille sont monnaie courante. Pourtant, le fait est révélateur de la perversion d'un système mondial qui soutient l'industrie mondiale à grand renfort de milliards et met des millions de travailleurs en faillite. Qui fait financer l'incompétence des ténors de la grande industrie et de la haute finance internationale — ses plus ardents défenseurs — par les sans-le-sou qui souffrent le plus de cette situation dont ils ne sont malheureusement pas responsables. Quand on en vient à émettre plus de 100 000 contraventions illégales qui auraient fait rentrer plus de 130 millions d'euros (environ 200 millions de dollars) dans les caisses des villes scélérates, on doit être considéré comme un bandit de grand chemin. Et puni comme tel. J'ai hâte de voir si la justice italienne va avoir le courage de punir certains de ses membres. Franchement, j'en doute.
Ici, les mauvais investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec vont priver les contribuables québécois de près de 38 milliards de dollars. «C'est pas des peanuts!» comme on dit couramment. Un bas de laine que les travailleurs de la Belle Province ont constitué à force de sacrifices et de contributions — pas toujours volontaires — pour assurer leur retraite et financer leurs services sociaux. Aujourd'hui, ceux qui approchent de leur retraite ne savent pas s'ils pourront jouir du revenu de leurs épargnes... et c'est encore pire pour les plus jeunes qui devront certainement travailler jusqu'à leur mort (et peut-être même après...). Et je ne parle pas de la santé, de l'éducation et des autres secteurs qui vont être touchés par cette crise sans précédent.
Du côté de la SAAQ — un des «plus petits» gros déposants publics —, c'est un trou de 8 milliards que les usagers — encore eux — vont devoir éponger. Quand on constate les conséquences de la ponction de 2 milliards que le gouvernement a faite dans le fonds de la SAAQ en 1988 et 1995, on peut s'inquiéter pour notre avenir. Certains spécialistes estiment qu'il faudrait augmenter le coût des permis ou des immatriculations des véhicules de cinq millions d'usagers de la route — automobilistes et motocyclistes inclus — de 60$ par année, pendant 10 ans pour revenir à l'encaisse prévue par la loi. Ça, c'est seulement si les «génies financiers» de la Caisse ne font pas d'autres conneries d'ici là. Ou si on n'a pas sous-évalué celles qu'ils ont déjà faites. Ce à quoi un responsable de la SAAQ a répondu : «C'est sûr que cela va faire mal... mais les résultats d'une mauvaise année ne sont pas une catastrophe». Avouez qu'on nous prend vraiment pour des tartes! Et que le mépris de certains administrateurs publics est sans borne.
Malgré cela, le gouvernement — qui est le représentant élu des Québécois, je vous le rappelle — ne peut même pas intervenir et congédier les administrateurs incompétents de la Caisse. On nage en pleine comédie ubuesque. Preuve ultime que rien ne va plus... Faites vos jeux! Et priez pour gagner au Lotto 6/49. C'est peut-être votre seule chance de vous en sortir. Dans le pire des cas, vous contribuerez à enrichir Loto Québec... et renflouer les caisses de l'État, indirectement.
mercredi 21 janvier 2009
To scoot or not to scoot...
...là n'est pas la question!
Les scooters et autres maxiscooters envahissent nos routes depuis quelques années et s'imposent comme une mode avec laquelle il faut compter. Loin de se limiter aux ados, aux femmes et aux urbains en quête de mobilité, les scooters séduisent également certains motocyclistes qui les perçoivent comme une option pratique, confortable et éminemment plaisante à conduire. Ce qui est leur droit après tout.
Selon les prévisions de l’ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles), près de 20 millions de scooters circuleront en Europe en 2016, contre 15 millions de motos. Et cette évolution du marché devrait également affecter l'Amérique du Nord, et donc le Canada, à plus long terme. C'est donc dire qu'il ne s'agit pas d'un épiphénomène du développement des deux roues motorisés, mais d'une tendance globale et durable.
Cette réalité est perçue par de nombreux motocyclistes purs et durs comme une menace à la pérennité de leur sport. Pourtant, je ne pense pas qu'il y ait là matière à s'alarmer. Car, dans la majorité des cas — et là je sais qu'il existe des exceptions — les gens qui roulent en scooter le font par choix délibéré et n'achèteraient pas forcément une moto. De plus, la conduite d'un scooter diffère de celle d'une moto. Ce sont deux véhicules complètement différents qui n'ont en commun que le fait d'évoluer sur deux roues. Et on peut aimer piloter les deux, indifféremment, pour les sensations particulières que chacun d'eux procure. Ce qui est mon cas. Je m'amuse autant sur mon antique Vespa PX150 à moteur deux-temps que sur la Honda Varadero de motoplus.ca. Mais pas de la même façon. Ni dans le même environnement.
Personnellement, j'aime mieux voir les gens se déplacer en scooter qu'en auto. Je me sens nettement plus près d'eux que des «caisseux». Et nos préoccupations quotidiennes, les défis auxquels nous faisons face et les brimades que nous subissons sont très similaires. Pratiquer une discrimination à l'égard des scootéristes est aussi dangereux et stupide que de faire une distinction entre les propriétaires de sportives, de customs, de motos double-usage ou de GT. Ça ne fait que nous diviser, nous opposer et ça donne des armes à nos adversaires qui ne se privent pas de les utiliser contre nous.
Dans un éditorial récent, Thierry Traccan, rédacteur en chef de l'hebdomadaire français Moto Revue fustige les scooters qu'il accuse de tous les maux: «Les scooters sont des purs produits raison... Or le deux-roues est avant tout synonyme de passion, de fun, d’exigence peut-être, mais d’une certaine philosophie de la vie. Or un scooter ne nous parlera jamais d’autre chose que de mobilité et de commodité.» Personnellement, je m'inscris en faux contre cette assertion qui émane d'une personne qui, à l'évidence, ne connait pas les scooters et se cantonne dans le lieu commun, le cliché facile. En fait, il s'agit d'une déclaration-choc et de bon ton qui ne vise qu'à flatter ceux qui se prétendent «purs et durs», détenteurs de la vérité universelle en matière de deux-roues. De plus, ce qui me gêne dans ce genre de prise de position c'est qu'elle implique qu'il faille faire un choix entre le scooter et la moto. Aimer l'un et détester l'autre. Comme si c'était une obligation. Une fatalité.
S'il est vrai que les maxiscooters attirent aujourd'hui des clients plus âgés (encore le syndrome anti «baby-boomers»?) «...qui privilégient le confort au sens large, qui cherchent à préserver leur vieux squelette, à soulager leur séant...», je ne vois pas en quoi c'est répréhensible. En vieillissant, l'Homme a tendance à s'embourgeoiser et les motocyclistes ne font pas exception à la règle. D'abord parce que ses moyens lui permettent d'accéder à des luxes qui lui étaient interdits auparavant, mais aussi parce que ses priorités changent. La souffrance et la privation ne sont pas des vertus et ne font pas des motocyclistes qui les pratiquent (ou les subissent) des «surhommes» de facto.
Personnellement, je me promène en deux roues depuis que j'ai 14 ans. En 36 ans d'expérience, j'ai accumulé des millions de kilomètres sur toutes sortes de motos, de scooters et de vélomoteurs. Et j'ai fini par réaliser que n'importe quel deux roues peut s'avérer une étonnante machine à voyager, au sens propre comme au sens figuré, pour peu qu'on s'attarde sur le voyage que l'on est en train de vivre. Les sensations que l'on éprouve. Les découvertes que l'on fait...
Photo : © Denis Vayer/motoplus.ca
Les scooters et autres maxiscooters envahissent nos routes depuis quelques années et s'imposent comme une mode avec laquelle il faut compter. Loin de se limiter aux ados, aux femmes et aux urbains en quête de mobilité, les scooters séduisent également certains motocyclistes qui les perçoivent comme une option pratique, confortable et éminemment plaisante à conduire. Ce qui est leur droit après tout.Selon les prévisions de l’ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles), près de 20 millions de scooters circuleront en Europe en 2016, contre 15 millions de motos. Et cette évolution du marché devrait également affecter l'Amérique du Nord, et donc le Canada, à plus long terme. C'est donc dire qu'il ne s'agit pas d'un épiphénomène du développement des deux roues motorisés, mais d'une tendance globale et durable.
Cette réalité est perçue par de nombreux motocyclistes purs et durs comme une menace à la pérennité de leur sport. Pourtant, je ne pense pas qu'il y ait là matière à s'alarmer. Car, dans la majorité des cas — et là je sais qu'il existe des exceptions — les gens qui roulent en scooter le font par choix délibéré et n'achèteraient pas forcément une moto. De plus, la conduite d'un scooter diffère de celle d'une moto. Ce sont deux véhicules complètement différents qui n'ont en commun que le fait d'évoluer sur deux roues. Et on peut aimer piloter les deux, indifféremment, pour les sensations particulières que chacun d'eux procure. Ce qui est mon cas. Je m'amuse autant sur mon antique Vespa PX150 à moteur deux-temps que sur la Honda Varadero de motoplus.ca. Mais pas de la même façon. Ni dans le même environnement.
Personnellement, j'aime mieux voir les gens se déplacer en scooter qu'en auto. Je me sens nettement plus près d'eux que des «caisseux». Et nos préoccupations quotidiennes, les défis auxquels nous faisons face et les brimades que nous subissons sont très similaires. Pratiquer une discrimination à l'égard des scootéristes est aussi dangereux et stupide que de faire une distinction entre les propriétaires de sportives, de customs, de motos double-usage ou de GT. Ça ne fait que nous diviser, nous opposer et ça donne des armes à nos adversaires qui ne se privent pas de les utiliser contre nous.
Dans un éditorial récent, Thierry Traccan, rédacteur en chef de l'hebdomadaire français Moto Revue fustige les scooters qu'il accuse de tous les maux: «Les scooters sont des purs produits raison... Or le deux-roues est avant tout synonyme de passion, de fun, d’exigence peut-être, mais d’une certaine philosophie de la vie. Or un scooter ne nous parlera jamais d’autre chose que de mobilité et de commodité.» Personnellement, je m'inscris en faux contre cette assertion qui émane d'une personne qui, à l'évidence, ne connait pas les scooters et se cantonne dans le lieu commun, le cliché facile. En fait, il s'agit d'une déclaration-choc et de bon ton qui ne vise qu'à flatter ceux qui se prétendent «purs et durs», détenteurs de la vérité universelle en matière de deux-roues. De plus, ce qui me gêne dans ce genre de prise de position c'est qu'elle implique qu'il faille faire un choix entre le scooter et la moto. Aimer l'un et détester l'autre. Comme si c'était une obligation. Une fatalité.
S'il est vrai que les maxiscooters attirent aujourd'hui des clients plus âgés (encore le syndrome anti «baby-boomers»?) «...qui privilégient le confort au sens large, qui cherchent à préserver leur vieux squelette, à soulager leur séant...», je ne vois pas en quoi c'est répréhensible. En vieillissant, l'Homme a tendance à s'embourgeoiser et les motocyclistes ne font pas exception à la règle. D'abord parce que ses moyens lui permettent d'accéder à des luxes qui lui étaient interdits auparavant, mais aussi parce que ses priorités changent. La souffrance et la privation ne sont pas des vertus et ne font pas des motocyclistes qui les pratiquent (ou les subissent) des «surhommes» de facto.
Personnellement, je me promène en deux roues depuis que j'ai 14 ans. En 36 ans d'expérience, j'ai accumulé des millions de kilomètres sur toutes sortes de motos, de scooters et de vélomoteurs. Et j'ai fini par réaliser que n'importe quel deux roues peut s'avérer une étonnante machine à voyager, au sens propre comme au sens figuré, pour peu qu'on s'attarde sur le voyage que l'on est en train de vivre. Les sensations que l'on éprouve. Les découvertes que l'on fait...
Photo : © Denis Vayer/motoplus.ca
lundi 22 décembre 2008
Joyeuses fêtes à tous!
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